« Mes mots contre tes Maux »

Que pensent les jeunes des lois qui régissent notre société ? Les discours prononcés par les élèves du Lycée La Bourdonnais, le jeudi 10 décembre à l’IFM, en disent long sur leurs aspirations citoyennes et sur les valeurs sur lesquelles ils veulent construire leur avenir. C’était le but de ce projet de spécialité Humanité Littérature et Philosophie, conduit par Madame Sévétian, qui avait pour objectif de faire prendre conscience aux élèves de la puissance des mots dans une situation concrète, en l’appliquant au domaine du droit et en sortant des murs du lycée. 

Motivés par leurs convictions, leur sens de la justice et leurs talents, ils ont chacun choisi une loi, mauricienne ou française, sur laquelle ils ont élaboré un discours percutant. Cette représentation a donné lieu à de véritables performances où ces lycéens ont pu s’exprimer librement sur les sujets qui leur tiennent à cœur. 

Par exemple, savez-vous quelle est la peine maximale pour les violences sexuelles sur mineurs ? Comme le dit Bethanie Bissessur, qui s’est faite leur porte parole : “Dans le meilleur des cas, il en a pris pour 5 ans, combien faudra-t-il d’années pour me reconstruire ? Comment M. l’agent il n’y a eu qu’attouchement ? Mais il a détruit, le jeu, le rire et l’amusement…. L’ordure pas assez sale pour l’enfermement ? Mais non, voyons ce monsieur ne peut aller en prison. Il est trop important ! Mais il a détruit le jeu, le rire et l’amusement”. Son message final est pourtant plein d’espoir en évoquant un projet de loi qui tend à durcir cette peine : “mo rêve c’est ki sa bill la vine ene act. Pour protéger le jeu, le rire et l’amusement Fer ki sa bill vine ene act.”

Quant à Laëtitia  Nogues, c’est au travers d’un discours poignant en vers qu’elle défend la légalisation du gaz lacrymogène pour toute agression, afin de permettre principalement aux femmes de s’en servir en cas de légitime défense.

…“Légère bruine empoisonnée 

Bombe, gaz, spray, 

lacrymogène, au poivre ou qu’importe le nom que vous lui donnez, 

il serait temps de le légaliser.”

“Impuissantes sont les femmes, à qui la faute ?

Faisons couler leurs larmes, pas les nôtres.”

Partage-t-elle avec beaucoup d’émotions.

Après 1h15 de prestation, ce projet s’est achevé avec brio par une chanson écrite et interprétée en créole par Naomi Randabel, prônant la diversité des communautés du peuple mauricien, et dont le refrain était : 

“Rouz kouler nou disan

Nou tou trouv ble losean

Ki fer zot kontign kree bann klan?

Allez souriez, soley zonn pe briye

Ver nou fitir nou pa diferan

Ansam les nou kree enn lelan

Pou lavenir nou bann zanfan”

Le public, parmi lequel l’Ambassadrice de France Madame Florence Caussé-Tissier, le Proviseur Monsieur Bernard Moga et son adjointe Madame Nora Boukheroufa a pu assister à une brillante démonstration de ces 16 orateurs. 

Pari réussi pour ces jeunes, fiers de leur accomplissement : Shreya Banymandhub, Alizée Bonnefin, Clara Bejaer, Bethanie Bissessur, Lylane Combaluzier, Inès Da costa, Céline Dove, Mathis Gobin, Anjalee Husraj, Sneha Locono Pahono, Coralie Louise, Angelle Manneback, Laëtitia  Nogues, Chloé Tissier et Naomi Randabel ont su caractériser leur projet par les termes suivants : « Justice, Solidarité, Éloquence ».

Texte : Ludivine MORALES

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