Un peu d’Histoire : Mahé de La Bourdonnais

Si notre lycée s’inscrit résolument dans la modernité de son siècle et dans une ambition de préparer ses élèves au défi du 21ième siècle, il sait se tourner vers l’Histoire.

Partis du nord de Bretagne ou d’ailleurs, partis chercher un avenir meilleur…

Les yeux tournés vers le grand océan…

La statue de Mahé de La Bourdonnais à Port-Louis

Un nom… Bertrand-François Mahé de La Bourdonnais

Voltaire, disait de Mahé de La Bourdonnais qu’il était, comme les Duquesne, les Bart, les Duguay-Trouin, capable de faire beaucoup avec peu, et aussi intelligent dans le commerce que dans la marine… Cet homme, à la fois négociant et guerrier, vengea l’honneur du pavillon français en Asie.

Bertrand François Mahé de La Bourdonnais est né à Saint-Malo (ville jumelée avec Port-Louis) le 11 février 1699. Il est mort à Paris le 10 novembre 1753. Cet officier de marine français fut amiral de France.

Nommé Gouverneur général des Mascareignes pour le compte de la Compagnie des Indes en 1733, il prend son poste en 1735.

En quelques années, ce capitaine engage d’innombrables transformations. Il déplace le siège du gouvernement de l’Isle Bourbon à l’Isle de France et fixe sa résidence à Port Louis.

Reconnaissant la valeur maritime de celle-ci, il fait de Port-Louis un centre de construction navale tandis que le Port-Bourbon au sud de l’île perd de l’importance. Il entend faire de Port-Louis une cité modèle coquette et confortable… un Paris en miniature avec son Champ de Mars, ces ruelles quadrilingues, rationnelles, et ses chaussées, ponts et canaux comme maîtrise du flux humain comme des intempéries.

Il ouvre la première sucrerie aux environs de Pamplemousses. Il fait tracer de nouvelles routes, crée des hôpitaux, introduit de nouveaux plants, des matières premières indispensables à l’économie de l’île.

Pour attirer les colons de l’Isle Bourbon il leur octroie généreusement des concessions. Il cherche à fixer les officiers de passage en leur offrant 90 hectares de bonne terre s’ils épousent une jeune fille de l’île. Quelques 2.500 colons, s’y établissent en une décennie.

Mahé de La Bourdonnais se levait à quatre heures du matin, pour s’occuper de cette tâche, alors qu’il suivait, lui-même, pendant la journée les travaux, pour ensuite continuer à travailler la nuit dans son cabinet, et régler, entre autres, l’anachronique ‘circulation routière’. Selon ses termes propres : « de la facilité de transports dépend la richesse des habitants de tout pays »

L’essor de l’île tient tout autant au dur labeur des colons et des esclaves* qu’à l’ingéniosité de ce capitaine malouin :

« Dès que La Bourdonnais fut arrivé dans les iles de son gouvernement, il les étudia à fond. Son heureuse pénétration, son infatigable activité abrégèrent le travail. Il établit partout la discipline et la subordination, maniant avec autant d’adresse que de sévérité des esprits fougueux, et qui jamais encore ne s’étaient vus retenus dans les bornes du devoir et de l’obéissance. Après avoir réglé les intérêts moraux, comme eût fait un législateur consommé, il prit soin, en bon père, des intérêts matériels des colons. Le premier, il dota les îles de France et de Bourbon de leurs plantations de canne à sucre, et il établit des raffineries qui produisirent presque immédiatement à la Compagnie des Indes des sommes considérables. Il fonda aussi des fabriques de coton et d’indigo, fit cultiver le riz et le blé pour la nourriture des Européens, et naturalisa aux îles orientales de l’Afrique, pour la subsistance des esclaves, le manioc, qu’il avait apporté du Brésil. Manquant d’ingénieurs et d’architectes, La Bourdonnais se fit l’un et l’autre, et bientôt des maisons, des hôpitaux, des magasins, des arsenaux même, s’élevèrent à la place des cabanes, avec de bonnes fortifications pour protéger le tout ; des communications furent ouvertes, des canaux creusés, des ponts, des aqueducs, un port et des quais construits comme par enchantement.

Avant l’arrivée de La Bourdonnais on ne savait, à l’Ile-de-France, ce que c’était de radouber ou de caréner un vaisseau. Les habitants, qui avaient de petites embarcations pour aller à la pêche, étaient incapables d’y faire par eux-mêmes la moindre réparation, et n’attendaient rien que du secours des ouvriers qui, de hasard, relâchaient sur leurs côtes. L’intelligent gouverneur, dont le coup d’œil avait deviné dans l’Ile-de-France une émule possible de la colonie hollandaise de Batavia, un entrepôt commode et sûr pour la Compagnie française des Indes-Orientales, encouragea de toutes ses forces les colons à le seconder. Il fit chercher, voiturer, façonner tous les bois propres à la marine, et, en moins de deux ans, il eut tous les matériaux qu’il désirait à sa disposition… Bientôt les ouvriers de l’Ile-de-France furent en état de doubler et radouber, non-seulement les bâtiments de leurs côtes, mais encore ceux qui venaient d’Europe. On ne s’en tint pas là. Un beau brigantin, navire de bas bord avec un grand mât, un mât de misaine et un mât de beaupré, plus en usage pour le commerce que pour la guerre, quoique très propre à faire la course, fut entrepris avec un plein succès par La Bourdonnais, qui lui fit succéder immédiatement, sur le chantier, un bâtiment de cinq cents tonneaux. Le port de l’Ile-de-France ne tarda pas à être en aussi bonne renommée, pour la construction des vaisseaux, que celui de Lorient… C’est ainsi que l’Isle-de-France et celle de Bourbon, hier encore presque dédaignées comme d’inutiles rochers, devinrent en quelques jours l’orgueil de la mer des Indes, l’objet de la jalousie et de l’ambition des Anglais et des Hollandais. »

Léon Guérin, dans son Histoire maritime de France (1844)

*NOTE IMPORTANTE :

Le Lycée La Bourdonnais, en tant qu’établissement scolaire conventionné AEFE, membre du réseau des lycées français du monde, rappelle son attachement aux valeurs de la République française ainsi que les dispositions de l’Article 1er de la loi du 21 mai 2001 : « La République française reconnaît que la traite négrière transatlantique ainsi que la traite dans l’océan Indien d’une part, et l’esclavage d’autre part, perpétrés à partir du XVe siècle, aux Amériques et aux Caraïbes, dans l’océan Indien et en Europe contre les populations africaines, amérindiennes, malgaches et indiennes constituent un crime contre l’humanité. »

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